XX HISTOIRE VRAIE : les documents volés au Kremlin

Révélation : documents volés au Kremlin où comment les Russes ont décidé avec les arabes de détruire Israël

et comment les adorateurs du complot du "nouvel ordre mondial" passent largement sous silence le rôle de l'URSS communiste qui est loin d’être terminée , s'attachant à en faire porter la responsabilité sur es juifs accompagnés par les protestants anglo-saxons !

ce qui en dit long sur leur "lucidité" et leur "honnêteté intellectuelle"

Guerre froide et perestroïka, 80.000 documents volés-   en voici un qui explique comment les Russes ont décidé de détruire par la main des arabes – Israël – avant poste des américains – Gorbatchev le dernier des soviets !

Rappel : C’était, note Ion Mihai Pacepa, ancien chef de la Securitate roumaine, dans son livre The Kremlin Legacy, un jour de 1964, « nous avons été convoqués à une réunion conjointe du KGB, à Moscou ». Le sujet était d’importance : « il s’agissait de redéfinir la lutte contre Israël, considéré comme un allié de l’Occident dans le cadre de la guerre que nous menions contre lui ». La guerre arabe pour la destruction d’Israël n’était pas susceptible d’attirer beaucoup de soutiens dans les « mouvements pour la paix », satellites de l’Union Soviétique. Il fallait la redéfinir.

L’époque était aux luttes de libération nationale. Il fut décidé que ce serait une lutte de libération nationale : celle du « peuple palestinien ». L’organisation s’appellerait OLP : Organisation de Libération de la Palestine. Des membres des services syriens et des services égyptiens participaient. Les Syriens ont proposé leur homme pour en prendre la tête, Ahmed Choukairy, et il fut choisi. Les Egyptiens avaient leur candidat : Yasser Arafat. Quand il apparut que Choukairy ne faisait pas l’affaire, il fut décidé de le remplacer par Arafat, et, explique Pacepa, celui-ci fut « façonné » : costume de Che Guevara moyen-oriental, barbe de trois jours de baroudeur. « Il fallait séduire nos militants et nos relais en Europe ».

Quarante et quelques années après, l’opération de séduction apparaît avoir été un net succès. Non seulement la « lutte de libération nationale du peuple palestinien » apparaît comme juste et légitime, mais nul ne met plus en doute l’existence d’un peuple palestinien. Personne n’ose dire que ce peuple a été inventé à des fins de propagande : personne ne semble vouloir s’en souvenir. Personne ne semble vouloir se souvenir de ce que la création du peuple palestinien était un outil de la lutte de l’Union Soviétique contre l’Occident dans les temps de la guerre froide.

Et de fait : la lutte de libération nationale inventée par le KGB a fait du chemin : il y a eu les accords d’Oslo et la création de l’Autorité Palestinienne en Judée-Samarie. Il y a eu l’émergence du Hamas, puis, après la chute de l’Union Soviétique, l’insertion d’une dimension islamiste dans le conflit. Il y a eu surtout, avec Oslo, la reconnaissance par un gouvernement israélien de l’invention du KGB, le « peuple palestinien », invention qui a débouchée sur les idées de « territoires palestiniens », « occupés » par Israël.

Nous sommes aujourd’hui dans un moment où la branche islamiste tient Gaza et où la branche issue de l’OLP, à Ramallah, essaie d’obtenir une reconnaissance internationale à l’ONU, et l’a obtenue à l’Unesco, avec le soutien de pays tels que la France.

Le Printemps Arabe de la guerre froide

Des documents volés au Kremlin montrent que les soviétiques, ainsi que Gorbatchev, sont à l’origine de beaucoup des conflits actuels au Moyen Orient.

Le récit dominant de l’histoire contemporaine du Moyen-Orient met l’accent sur les détériorations engendrées dans la région par la colonisation européenne et accepte comme un truisme le fait que les anciennes puissances coloniales ont donné priorité à la protection de leurs intérêts matériels -au pétrole par-dessus tout- plutôt qu’à la dignité et à l’auto-détermination des habitants de la région.

C’est ainsi que la décolonisation bâclée eut pour résultat une instabilité sans fin.

Le plus difficile à résoudre des conflits régionaux auquel cela donna lieu –celui entre arabes et israéliens- est attribué dans ce récit à la réticence d’Israël à accéder aux aspirations nationales palestiniennes.

C’est ainsi que la région est devenue un terrain fertile pour le radicalisme, intensifié par la rivalité des deux super puissances dans la guerre froide ; guerre qui a remplacé les colonisateurs européens en tant  que « seigneurs » s’ingérant dans la région.

Puis vint Michaël Gorbatchev, un réformateur occidentalisé.

Enfin la guerre froide prenait fin. Un nouvel ordre mondial était à portée de main.

Mais qu’en est-il de cette sagesse conventionnelle si elle est absurde ?

L’exilé russe, Pavel Stroilov, fait référence à cela dans son livre à paraître « Derrière la Tempête du  Désert ».

« Pas un mot n’en est vrai » écrit-il. « C’est l’empire soviétique – pas l’empire britannique – qui est responsable de l’instabilité au Moyen Orient »

Stroilov, un historien qui vit actuellement à Londres, a fui la Russie en 2003  après avoir subtilisé 50 000 documents top secret au Kremlin dans les archives de la Fondation Gorbatchev où il travaillait comme chercheur. Il avait accès aux archives depuis 1999 mais Gorbatchev lui avait refusé la permission de copier les documents les plus importants. Ayant observé comment l’administrateur de réseau introduisait le mot de passe dans le système, Stroilov fut à même de copier les archives et de les envoyer de par le monde en différents endroits sûrs.

Les copies de Stroilov comportent des centaines de transcriptions de discussions entre Gorbatchev et des dirigeants étrangers, des politiques et des diplomates(les originaux sont toujours sous scellés sous la pression du Kremlin).

Il y a des notes du Politburo et d’autres relatives à des réunions de haut niveau, des notes écrites par les assistants de Gorbatchev, Anatoly Chernyaev , Georgy Shakhnazarov et par Vadim Medvedev membre du Politburo.

Pas une seule d’entre elles ne fut accessible aux chercheurs indépendants, bien que quelques-unes furent publiées par la Fondation Gorbatchev mais dans une version lourdement censurée.

Stroilov a aussi subtilisé le journal (1972-1986) d’Anatoly Chernyaev, député chef du parti communiste de l’Union Soviétique et assistant principal de Gorbatchev pour les affaires internationales entre 1986 et 1991.

Il a volé les rapports datant des années 1960 écrits par Vadim Zagladin, qui fut le patron du département international jusque 1987 et qui fut aussi le conseiller de Gorbatchev de 1987 à 1991.

(Stroilov s’appuie aussi sur  la vaste collection de documents volée par le dissident soviétique Vladimir Bukovsky ainsi que sur les Archives de Mitrokhin, une collection de notes prises secrètement par le transfuge Vassili Mitrokhin au cours de ses 30 années de carrière comme archiviste au KGB dans le service de renseignement étranger.)

Le livre de Stroilov relatif à ces documents, dont beaucoup sont seulement traduits actuellement en anglais, remet en question l’habituel cliché affirmant que les colonialistes occidentaux sont à blâmer pour le chaos qui sévit dans la région.

Tous les conflits majeurs soutient-il, ont été causé par l’expansionnisme soviétique.

Le terrorisme et l’animosité enragée anti-israélienne en provenance du monde arabe sont d’inspiration soviétique.

Et les révolutions que nous voyons aujourd’hui étaient inévitables car les états-clients soviétiques étaient des régimes socialistes et tôt ou tard le socialisme épuise les économies et donc la patience des gens qui y vivent.

Stroilov se concentre sur les intrigues de Gorbatchev au Moyen Orient et explique le Printemps Arabe comme étant l’ « acte final de la guerre froide ».

Cette thèse est surévaluée – Stroilov étant un peu trop séduit par sa propre collection pour admettre la complexité de ces événements –mais il y a néanmoins beaucoup dans ses archives pour étayer cette description.

Les documents suggèrent clairement que beaucoup des conflits contemporains au Moyen Orient ont été fomentés par l’empire Soviétique, particulièrement durant les dernières années avant son éclatement.

Et les événements qu’il décrit ont eu un impact significatif sur l’état actuel de la région, du conflit en Iraq au processus de paix israélo-palestinien en passant par l’élaboration d’une alliance « de facto » entre l’Union Européenne et les états arabes.

Peut-être que plus significativement encore, il y a beaucoup  ici pour suggérer que  considérer la réputation de Gorbatchev comme celle d’un réformateur et d’un libérateur  appartient au passé.

Le livre de Stroilov suggère que la politique de Gorbatchev au Moyen Orient fut, du début à la fin, celle de la vieille école impérialiste du Kremlin.

Dès la fin de la première guerre mondiale, le grand centre d’intérêt du Moyen Orient a été le golfe Persique.

Durant la guerre froide, l’Amérique et ses alliés en Europe et en Asie dépendaient à 90% de son pétrole pour couvrir leurs besoins énergétiques ; les pays en voie de développement seraient, eux,  instantanément paralysés par une forte hausse des prix du pétrole. Mais pour les soviétiques, réussir à contrôler le golfe n’aurait pu se faire qu’au travers d’une agression militaire directe.

Après le retour des forces britanniques au Koweit en 1961 en vue de protéger l’émirat des ambitions de l’irakien Abd Al Karim Qasim – dont les ambitions sur le Koweit ont été temporairement réalisées par Saddam Hussein – il devint clair pour les soviétiques que l’Ouest ferait n’importe quoi pour défendre le pétrole.

« Et donc les camarades proposèrent la conquête du golfe » écrit Stroilov, « bien que certains d’entre eux furent fortement déçus par cette décision »

Quel était alors le plan B ? C’était la « subversion et la destruction éventuelle d’Israël. »

Bien que moins bon que les champs pétroliers, Israël serait également une bonne cible. C’était la seule démocratie de la région, la plus grande puissance militaire dans le camp pro-occidental et effectivement la tête de pont du monde occidental.

Plus important encore, le processus même d’une croisade contre Israël offrait de fantastiques opportunités politiques.

Un Israël assiégé signifiait effectivement des millions de juifs pris en otages par les camarades et la menace d’un génocide pourrait intimider l’Occident qui ferait de grandes concessions dans le golfe ou ailleurs.

D’autre part en faisant du conflit israélo palestinien le problème central du Moyen Orient, les soviétiques pourraient exploiter le nationalisme arabe, l’antisémitisme et même les sentiments religieux islamiques afin de mobiliser des soutiens à leur politique. En effet, sous la bannière de la solidarité arabe, l’influence socialiste dans la région grandissait bien au-delà des régimes socialistes et des partis.

D’après le général Ion Mihai Pacepa, le transfuge le plus haut gradé du bloc soviétique,  le nom de code pour cette opération contre Israël était « SIG » (Sionistskiye Gosudarstva, ou « gouvernement sioniste »)

Dans un article de la Revue Nationale, Pacepa rappelle une conversation qu’il a eue avec le président du KGB Youri Andropov, qui a imaginé fomenter « une haine de type nazi envers tous les juifs partout dans le monde islamique ». Nous aurons seulement à répéter nos théories, à savoir que les Etats-Unis et Israël étaient des fascistes, des pays impérialistes-sionistes financés par de riches juifs.

Detruire le grand Satan

Au milieu des années 1970, rappelle Pacepa, le KGB ordonna à ses agences sœurs de l’Est de faire parcourir le Moyen Orient par des agents de confiance, de les former à la désinformation et au terrorisme et d’exporter « une rage, une haine démente pour le sionisme américain ».

Ils saturèrent la région de traductions arabes du livre « les Protocoles de Sages de Sion » et de documents fabriqués par le KGB alléguant qu’Israël et les Etats-Unis avaient pour but de convertir le monde islamique en une colonie juive.

Après la défaite des égyptiens dans la guerre des six jours, les soviétiques en vinrent à un second concept : un affrontement militaire conventionnel avec Israël et par extension avec l’Occident, comportait un trop grand risque de dégénérer en guerre nucléaire. Un changement de tactique était nécessaire.

Le général Alexander Sakharovsky, puis le patron du renseignement du KGB, expliquèrent à leurs collègues d’Europe Orientale : « Le terrorisme devrait devenir notre arme principale ». Sakharovsky se vantait de dire que les détournements d’avions étaient sa propre invention ; il avait décoré son bureau avec une carte du monde, couverte de drapeaux, chacun d’entre eux indiquant un détournement réussi.

Bien que l’OLP ait réussi à rassembler les diverses organisations terroristes, « le quartier général suprême de l’ensemble du réseau était bien sûr le Kremlin » écrit Stroilov et « les preuves accumulées à ce stade, ne laissent aucun doute quant au fait que l’ensemble du système a été conçu par Moscou comme une arme contre l’Occident… »

Pacepa énumère des exemples d’actes terroristes parrainés par le KGB :

-Novembre 1969 : attaque armée contre les bureaux d’El Al à Athènes, 1mort et 14 blessés

-Le 30 mai 1972 : attaque de l’aéroport Ben Gourion , 22 morts et 76 blessés

-Décembre 1974 : bombe dans un cinéma de Tel Aviv, 2 morts et 66 blessés

-Mars 1975 : attentat dans un hôtel de Tel Aviv, 25 morts et 6 blessés

-Mai 1975 : bombe à Jérusalem, 1mort et 3 blessés

-Le 4 juillet 1975 : Bombardement place de Sion à Jérusalem, 15 morts et  62 blessés

-Avril 1978 : attaque à l’aéroport de Bruxelles, 12 blessés

-Mai 1978 : attaque d’un avion d’El Al à Paris, 12 blessés.

Les documents de Stroilov précisent que les soviétiques et les syriens ont également pris part aux attentats qui ont détruit les casernes des marines américains au Liban en 1983.

Deux des documents de Bukovsky paraissent pour la première fois en anglais dans Derrière la Tempête du désert.

Le premier est issu d’une note de Youri Andropov à Léonid Brejnev en 1974 détaillant une réunion du KGB avec la terroriste palestinienne Wadie Haddad. La note recommande que le gouvernement soviétique fournisse un soutien matériel au Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP) de Haddad.

Le second est la transcription d’une réunion en 1984 du Politburo qui avait approuvé l’envoi d’armes et de munitions d’une valeur de 15 millions de roubles au Front démocratique pour la Libération  de la Palestine en échange d’une collection d’art antique.

L’invention du terrorisme moderne : tout le crédit en revient au Kremlin.

Puis il y a eu la révolution iranienne de 1979. Encore une fois Stroilov sous-entend que le récit habituel que l’on en fait est faux.

Ce n’était pas un soulèvement islamiste spontané mais plutôt une révolution communiste bien organisée qui a mal tourné. Il avait été planifié depuis la fin de la seconde guerre mondiale, lorsque les forces armées soviétiques s’étaient retirées d’Iran sous la pression occidentale en laissant sur place un immense réseau d’espionnage.

Le ratio standard des résidents appartenant au KGB est de un par pays ; en Iran les soviétiques en avaient près de 40.

Ils ont travaillé pendant les 33 années suivantes à fomenter la révolution, en formant des illégaux  provenant des républiques soviétiques afin qu’ils se fassent passer pour des membres de groupes ethniques iraniens.

Malheureusement pour eux ils ignoraient que Vladimir Kuzichkin, leur espion « clé » à Téhéran, avait été recruté par le M16. Les britanniques partageaient avec la Savak les informations relatives à la révolution qui s’annonçait, mais trop tard. Entretemps la révolution était arrivée au sommet de sa force.

Les mollahs ont saisi les dossiers de la Savak et forts de ces informations ils ont arrêté jusqu’au dernier agent soviétique.

Une anecdote étrange apparaît dans le  rapport de Stroilov : lors des derniers jours de guerre entre l’Irak et l’Iran,  Khomeiny avait appris par la presse occidentale que Gorbatchev était un homme avec qui on pouvait faire des affaires, un grand réformateur. Apparemment confus, il envoya un ayatollah remettre une missive manuscrite à Gorbatchev.

Le texte  est encore, hélas,  inconnu des historiens écrit Stroilov, « mais dans un enregistrement on entend l’ensemble du Politburo rire aux éclats en le lisant. » Le contenu peut en être déduit  dit-il, à partir des transcriptions du Politburo :

Khomeiny avait proposé à monsieur Gorbatchev d’abandonner le marxisme et de se convertir à l’islam.

Cela, remarque Stroilov, « était à peine plus bête que l’attitude des faiseurs d’opinions occidentaux qui espéraient que Gorbatchev se serait miraculeusement transformé de communiste en démocrate. »

L’émissaire fut poliment remercié pour l’idée mais reçu l’assurance que le Kremlin et les ayatollahs continueraient de partager les mêmes objectifs visant à détruire le grand Satan :

« Sans les subtilités diplomatiques » comme disait Gorbatchev, il expliqua aux ayatollahs comment les américains et les pakistanais étaient en train de miner les efforts déployés par les soviétiques en Afghanistan pour instaurer la paix et laissa sous-entendre qu’en dépit de la détente et du désarmement, il ne croyait pas aux assurances d’amitiés américaines. Ceci contrastait avec la sincérité des relations soviéto-iraniennes.

Bientôt les camarades et les ayatollahs remarqueraient qu’ils sont totalement d’accord, non seulement concernant la situation au Moyen Orient, mais aussi au sujet de l’Afrique du sud, de l’Amérique latine, du désarmement Est-Ouest et plus spécialement « concernant l’idée de transformer l’océan Indien en une zone de paix », ce qui signifie en évincer les américains.

Les comités de travail  soviéto-iraniens qui débattaient  de ces questions se multiplièrent en 1989, tandis que les ministres des affaires étrangères Chevarnadze et Velayati eurent quatre réunions en six mois.

L’énergie nucléaire a été répertoriée comme l’un des principaux  domaines de coopération.

Trompés par Gorbatchev

Les arabes-rouges  (Egypte, Libye, Syrie) comme Stroilov les appelle, étaient des régimes socialistes et des clients à l’Union Soviétique ; Stroilov soutient que, même destitué, le président Hosni Moubarak n’a jamais complètement renié ses liens avec  l’Union Soviétique et devrait  être perçu comme  le successeur de Nasser plutôt qu’un réformateur occidentalisé.

Par exemple en décrivant  orgueilleusement à Gorbatchev  les fruits de l’un de ses plans quinquennaux, Moubarak décrit à la fois sa réelle attitude envers les Etats Unis ainsi que sa vision étonnamment moderne concernant le remboursement de la dette.

GORBATCHEV : Mais où donc avez-vous obtenu l’argent ? Le trouve-t-on dans le Nil ?

MOUBARAK : Nous avons dû emprunter beaucoup […] Tout le monde a des dettes actuellement […] Les américains doivent de l’argent aux japonais, mais Bush ne paie pas. Alors quoi ? le Japon va déclarer la guerre aux Etats Unis ? J’ai dit à Reagan que l’Union Soviétique ne nous avait jamais fait payer le moindre intérêt pour l’argent qu’elle nous prête.

Désormais nous n’empruntons plus d’argent aux Etats Unis. Nous n’acceptons plus que les aides non remboursables quand ils sont prêts à la donner […]

GORBATCHEV : Quelle est votre dette totale ?

MOUBARAK : 50 milliards de dollars […] Mais on peut toujours négocier les dettes et obtenir le report des paiements, encore et encore. De nos jours presque personne ne rembourse ses dettes..Je vous parle en toute franchise…

Par la suite Moubarak a dit :

Je tiens à vous dire que nous continuons la coopération militaire avec les Etats Unis. Ils nous donnent une aide de 1,3 milliards de dollars. Nous ne pouvons pas nous en passer : nous avons besoin de  pièces de rechange  pour notre équipement militaire etc…Mais un jour les choses prendront une autre direction ; je vous dis cela en toute franchise.

Enchanté d’entendre cela, Gorbatchev garda à l’esprit que  détourner l’Egypte des Etats Unis était une chose réalisable. Pendant ce temps il travaillait sans relâche en vue d’unir les arabes rouges et d’expulser ainsi complètement les Etats Unis de la région.

Dans ces transcriptions, page après page, on le voit tendre vers cet objectif, en particulier dans ses rencontres avec Hafez El Assad :

GORBATCHEV […] L’Union Soviétique, compte tenu des capacités dont elle dispose, est également prête à contribuer à l’unification des rangs arabes. Bien sûr nos ennemis ne manqueront pas de présenter nos honnêtes efforts comme une « conspiration de Moscou » ; nous devons donc agir avec précision et prudemment. Dans tous les cas vous pouvez compter sur notre soutien […] Un succès de cette cause serait une grande victoire historique, avec d’immenses conséquences.

En 1986, comme le montrent les notes du Politburo, les syriens rapportaient fièrement qu’ils avaient réduit à néant la perspective de paix entre Israël et la Jordanie, qu’ils avaient « coulé » la coopération entre la Jordanie et les Palestiniens et « effectivement bloqué » le plan de paix du président Ronald Reagan.

Gorbatchev les encouragea à poursuivre leurs efforts, glorifiant la défense Syrienne,  « forces progressistes » du Moyen Orient.

Gorbatchev pourrait à juste titre revendiquer d’avoir sapé les perspectives de paix dans la région durant les années 1980.

A l’époque, l’action dont les soviétiques  étaient les plus fiers était cependant la première intifada.  En avril 1988, Yasser Arafat se rendit à Moscou pour exposer son plan et en obtenir l’approbation.

« Gorbatchev reconnut qu’il comprenait parfaitement les ‘tactiques de l’OLP qui utilisait de différentes formes de combat’ ».

Arafat fut très clair quant à ce qu’il entendait par là :

ARAFAT : Nous continuons aussi la lutte sous d’autres formes, sur d’autres fronts. La lutte armée ne s’arrête pas dans le sud du Liban. Des tirs d’artillerie, des raids aériens, et d’autres actions ont lieu quotidiennement.

Moscou a approuvé.

Mais l’ultime but, le nec plus ultra,  restait le même : le golfe, la bouée de sauvetage de l’Occident.

Dans le « compte rendu officiel » comme Stroilov le désigne, la coopération soviéto-américaine visant à évincer Saddam du Koweit, a marqué la fin de la guerre froide et le début d’un nouvel ordre mondial.

En réalité, explique Stroilov, le plan de Gorbatchev « était de se ranger du côté de l’Ouest pour s’assurer qu’il aurait son mot à dire lors de la résolution de la crise.

Il aurait alors utilisé cette position pour minimiser les dégâts causés par Saddam et faire avancer son propre programme au Moyen Orient ». Parmi les objectifs de ce programme : remplacer le pouvoir de Washington par un « gouvernement mondial » favorable aux aspirations communistes. Les dirigeants du parti communiste italien ont été particulièrement enthousiasmés par cette idée :

OKKETTO : L’ONU doit devenir un instrument du gouvernement mondial.

RUBBI : Berlinguer a parlé du gouvernement mondial dès le 15ième congrès du PCI.

OKKETTO : A cette époque, cela fit sourire beaucoup de monde dans le public.

GORBATCHEV : Chez nous aussi cela a fait sourire beaucoup de monde. Peut-être en effet que cela vaut la peine de songer à s’organiser les communistes, les sociaux-démocrates et quelqu’un d’autre pour travailler à une proposition d’accord constructive…

Il ne s’agirait pas de propagande mais d’une réelle politique.

OKKETTO : Le chef de file des sociaux-démocrates allemands de l’ouest, Willy Brandt, veut impliquer dans ce travail des représentants de partis, des hommes d’état et d’autres personnalités importantes, afin de discuter des problèmes pendant les séminaires et les conférences.

GORBATCHEV : Arrangeons tout cela et consultons aussi Brandt et d’autres.

Les archives de Stroilov détaillent avec précision la médiation soviétique  concernant des négociations secrètes entre Washington et Bagdad au cours de l’automne 1990. Les super puissances arrivèrent apparemment tout près d’un accord en des termes assez extraordinaires : Saddam se retirerait du Koweit en échange d’un programme proposé par les soviétiques : tenir une conférence internationale parrainée par l’ONU destinée à aboutir au désarmement et au démembrement d’Israël.

Les documents montrent que Georges HW Bush était en principe d’accord avec cet arrangement pour autant que le lien soit tenu secret.

G.BUSH : Je suis d’accord avec tout ce que vous avez dit. Nous ne recherchons pas à recueillir des lauriers pour des victoires individuelles ou collectives dans le combat contre Saddam Hussein. Mais vous et moi voulons que le nouvel ordre prévale dans le monde à venir.

Pour cela nous avons besoin de trouver une réponse telle qu’elle soit à même de fournir des garanties contre une agression dans le futur.

Comme je le vois, c’est exactement dans cette optique que beaucoup de dispositions de votre plan ont été conçues.

Il voulait que Saddam Hussein se retire du Koweit comme si c’était de manière inconditionnelle; les Etats-Unis feraient alors pression sur Israël  pour adhérer à « un plan de paix » en apparence sans rapport.

Bush demanda à Gorbatchev de voir ce que Saddam en pensait.

Saddam hésita : il serait d’accord à la condition que la transaction soit faite ouvertement.

Il est fascinant de comparer les transcriptions de Stroilov avec les mémoires écrites de Bush, Brent Scowcroft et James Baker.

***

Tôt ou tard, comme le remarque justement Stroilov, tous les régimes socialistes s’effondrent.

Il fait valoir que nous assistons aujourd’hui à l’effondrement de l’empire soviétique au Moyen Orient, un processus identique à celui observé en Europe dans les années 1989-1991.

Mais contrairement aux despotes de l’Europe de l’est, les arabes-rouges ont été autorisés à survivre.

Plutôt que d’évincer Saddam et de faire pression sur l’Union Soviétique – qui n’avait plus maintenant que quelques mois à survivre – pour qu’elle cesse d’imposer son influence au Moyen Orient, Bush s’employa prioritairement à apaiser  Gorbatchev […]

Selon Stroilov ces régimes auraient pu et auraient dû être renversés il y a 20 ans. Si cela n’a pas été le cas explique-t-il c’est parce que  le Moyen Orient était le domaine que Gorbatchev était déterminé à conserver et parce que les américains, naïvement séduits par son charisme, se sont laissé berner.

Si l’opération « Tempête du Désert » avait atteint Bagdad, la région  serait un endroit tout à fait différent aujourd’hui. « Le plus grand (bien qu’ouvert) secret  dans l’opération Tempête du Désert est que  «  les objectifs n’ont pas été atteints »écrit Stroilov.

Selon la directive 54 de la Sécurité Nationale, qui a autorisé l’action militaire alors que l’Iraq allait recourir à la destruction des puits de pétroles koweitiens,

« pour les Etats-Unis, remplacer l’actuel pouvoir en Iraq devenait un objectif explicite ».

Le 22 février 1991 Saddam mis le feu a des puits de pétrole Koweitiens.

Alors pourquoi a-t-il fallu attendre 12 ans pour se débarrasser de lui ?

Parce que Gorbatchev et Mitterrand craignaient que le renversement de son régime  ne procure aux Etats-Unis trop d’influence sur la région […]

Stroilov écrit  « sans hésitation  Bush a placé le nouvel ordre mondial au-dessus de tout. Les rebelles furent massacrés, le régime de Saddam survécut, les forces américaines se retirèrent ».

Quand ils furent de retour douze ans plus tard, les experts du Département d’Etat conclurent : « quelle surprise, le régime de Saddam était assez populaire après tout ». D’autres experts ont blâmés la main invisible d’Al-Quaïda. Une autre école encore a souligné l’absence de traditions démocratiques dans l’histoire du monde islamique en général, et en Irak en particulier. Mais si vous reproduisez cette expérience dans un autre pays, le résultat sera exactement le même. Dites aux citoyens de se lever face à la tyrannie, promettez-leur un soutien des forces américaines et quand les massacres débuteront, quittez tranquillement le pays.

Revenez 12 ans plus tard et constatez par vous-même si les habitants sont dans un état d’esprit pro-américain ou anti-américain »

Une dernière chose : bien que n’étant pas traitées longuement dans ce livre, les archives de Boukovski montrent clairement que les campagnes de désarmement nucléaire (CDN) au travers de l’Europe ont été largement financées par le bloc soviétique.

L’argent était récolté au travers des partis communistes ou d’autres organisations pro soviétiques.

La Baronne Catherine Ashton à été la trésorière de la campagne pour le désarmement nucléaire de 1980 à 1982.

Le CDN était notoirement secret quant à ses sources de financement et a refusé de soumettre ses comptes à un audit indépendant ; quand il a finalement été contraint de le faire, sous grande pression, les vérificateurs ont découvert que 38% de leur revenu annuel ne pouvaient pas être retracés jusqu’aux bailleurs de fonds.

Will Howard, un membre du parti communiste de Grande Bretagne, était responsable de cette partie  de la collecte de fonds.

La Baronne Ashton est aujourd’hui chef de la politique étrangère de l’Union Européenne et conduit les négociations entre le P5+1 et l’Iran.

Quel qu’en soit le résultat, nous pouvons certainement remercier le Kremlin pour cela aussi.

et aujourd’hui nous avons Poutine !!!!

Document traduit par Jacques Vanzand (Bruxelles) rédaction israel-flash - sources - levysimon - tabletmag


Tablet : The cold war’s arab spring

Je n’ai pas traduit les points suivants car je crains de ne pas en reproduire l’exacte signification :

1° Page 7/9 : paragraphe qui commence par : He wanted Sadam… (page 10 sur ma traduction) :

 

The latter memoirs suggest that Gorbatchev wanted to mention Israel and the  Palestinians in a joint public statement but then conceded the point. In fact the argument was about a secret deal, not a public statement.

 

2° Page 8/9 : paragraphe qui commence par : Had desert storm reached…(page 11 dans ma traduction)

 

…and thus defected from coalition

© Israël Flash

http://www.europe-israel.org/2013/10/revelation-documents-voles-au-kremlin-ou-comment-les-russes-ont-decide-avec-les-arabes-de-detruire-israel/

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