POURQUOI IL FAUT DEFENDRE ISRAEL - Par José Maria Aznar


Par José Maria Aznar
Il Mattino et Il Messagero 25/01/07

Il fut un temps où la gauche, surtout européenne, regardait l'existence d'Israël avec une profonde admiration. D'un côté, il s'agissait d'un sentiment de justice historique par rapport au nazisme que l'on n'avait jamais pu obtenir par d'autres moyens. De l'autre, il y avait le romantisme des kibboutz qui en plein désert créaient des vergers selon les principes d'un authentique socialisme égalitaire. Mais l'admiration s'évanouit bien vite
lorsque Israël fut contraint de se défendre de ses propres voisins en recourant aux armes, parfois préventivement, comme à l'occasion de la guerre des six jours. La gauche en outre, engagée à ramener vers elle un prolétariat qui en Europe lui tournait le dos, vit dans les Palestiniens le protagoniste révolutionnaire de son histoire. Et au fur et à mesure, Israël était considéré comme un appendice des Etats Unis, l'antiaméricanisme
viscéral finit par se confondre avec l'aversion pour l'état hébreu.
Aujourd'hui être antiaméricain et antisémite est pratiquement la même chose. Nombreux sont ceux qui se réjouissent chaque fois que l'Assemblée générale des Nations unies adopte une résolution qui condamne l'état Israël, ou qui doutent de la motivation ou de la légitimité de cet état. De même ils sont nombreux à préférer ne pas écouter les menaces qui sont lancées tous les jours contre Israël par l'actuel président iranien Mahmoud Ahmedinejad. Ces derniers toutefois ne se rendent pas compte de l'erreur gravissime qu'ils commettent. La gauche ne peut admettre que dans le monde d'aujourd'hui, il y ait des politiciens qui parlent ouvertement, sincèrement et sans demi mots de leurs propres objectifs et de leurs intentions. Et pourtant, nous ne savons que trop bien que des individus pareils ont existé et existent encore. Un de ceux -ci a été Hitler qui exprima de manière non équivoque son plan d'action dans le connu "Mein Kampf" même si personne à ce moment ne lui prêta attention. Un autre est Ben Laden auquel personne ne crut lorsqu'il déclara unilatéralement la guerre à l'Amérique et que personne ne croit lorsqu'il dit qu'il veut en finir avec le monde occidental et instaurer un nouveau Califat. Personnellement, je ne mets pas en doute les paroles d'Ahmedinejad, que je considère plus que capable de mettre ses plans à exécution le jour où il disposera des moyens nécessaires pour les réaliser.
Il y a tout juste un an, le leader iranien ouvrait à Téhéran une conférence avec une image qui fit le tour du monde : une clepsydre sur la base de laquelle s'était brisée une balle aux couleurs américaines, tandis qu'une autre aux couleurs Israël était en train de se détruire. Non moins fameux ses propos : "Il faut effacer Israël de la carte du monde". A un an de distance, année au cours de laquelle il s'est moqué de la communauté internationale en ce qui concerne le programme nucléaire iranien, voici une autre conférence dans la capitale iranienne, cette fois pour nier l'existence de l'holocauste, du génocide hitlérien qui a failli exterminer complètement le peuple juif. Cette provocation d'un an auparavant est restée impunie. Les Européens désiraient que l'Iran s'ouvre au dialogue et à la négociation, c'est pourquoi, ils choisirent de ne pas réagir. C'est justement pour cela, parce que ses paroles ne suscitèrent que de faibles
remontrances que le président iranien se permet de recommencer à menacer Israël. Non content de nier la Shoah et de contester de la sorte la légitimité de la naissance Israël, le dirigeant de la république islamique a prédit la fin de l'Etat hébreu. "Les jours Israël sont comptés" s'est-il exclamé. En cette circonstance, ses paroles n'ont provoqué que quelques faibles condamnations diplomatiques des principales chancelleries européennes. Mais envers Ahmedinejad, il faut plus qu'exprimer sa
désapprobation. Depuis des années, on discute sur la façon de s'opposer à un Iran clairement déterminé à se doter d'armes atomiques, et toutefois nous continuons à tergiverser sur les stratégies à mettre en oeuvre pour rejoindre un consensus au sein du Conseil de sécurité de l'ONU.
Bien ! Si la communauté internationale ne réussit pas à se mettre d'accord sur le programme nucléaire, que l'on continue à parler ! Mais cela ne signifie pas que les provocations d'Ahmedinejad doivent rester sans suites. Mon bon ami Bibi Netanyahu a lancé une initiative qui mérite d'être prise en considération: accuser le président iranien d'incitation au génocide. Ce n'est pas une blague. Il est impératif que les leaders et les ayatollahs iraniens sachent que l'on doit respecter certaines règles et que dans le cas
contraire, ils en subiront les conséquences.

Nous pouvons discuter sur le type de sanctions économiques à imposer à l'Iran engagé sur la route du nucléaire, mais les sanctions qui ont de l'effet sont celles mises en acte contre les leaders politiques. La proposition de poursuivre Ahmedinejad au niveau international a le mérite de commencer à appliquer ce type de sanction limitée mais efficace. Appeler à la destruction d'un Etat souverain sans avoir reçu aucune
provocation de la part Israël, à part sa propre existence, Ahmedinejad commet une faute contre le droit international. Non seulement il émet des principes opposés à ceux établis par la Charte des Nations unies mais il se rend coupable de violation de la Convention contre le génocide. On pourrait ajouter que ses affirmations s'opposent aux dispositions du statut du Tribunal pénal international. De fait, si Ahmedinejad au lieu d'être le président iranien était un leader serbe, il serait déjà mis en état d'accusation par la Cour de l'Aja. Nous devons nous rendre compte qu'invoquer la destruction Israël ne doit pas rester impuni. Si les mots d'aujourd'hui n'ont pas de réponse forte, ces intentions se transformeront en dure réalité. Que peuvent penser les ennemis Israël de notre silence ?
Une seule chose, qu'Israël est de plus en plus seul et de plus en plus faible. A chaque signe de notre faiblesse, les adversaires deviennent plus forts. Mais ils se trompent ceux qui croient que tout se résoudra au Moyen Orient. Aujourd'hui Israël est soumis à trop de menaces. Les Palestiniens et les terroristes kamikazes, l'islamisme du Hezbollah au Nord, Al Qaida au sud sont toujours plus présents en Jordanie, sans compter le fondamentalisme iranien. Et un élément commun à tout cela : l'anti-occidentalisme.

Ahmedinejad ne pense pas au destin du peuple palestinien quand il profère ses menaces, mais il pense à l'Islam et à l'Amérique, le Grand Satan. Il pense à Israël comme à un ennemi occidental à ses portes. C'est pourquoi il est si important de défendre Israël, car bien que située au Moyen Orient, il s'agit d'une nation pleinement occidentale et sa disparition signifierait la perte de notre position dans cette région du monde et fort probablement les prémices d'une attaque dirigée contre nous. Abandonner Israël à son sort équivaut à fermer les yeux devant les liens moraux, politiques, économiques,
culturels, historiques et stratégiques qui nous unissent. Aujourd'hui plus que jamais.

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